04.07.2008
Le 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville en direct sur ce blog du 5 au 14 septembre 2008: l'intégralité du programme commenté à partir du 10 août sur ce blog
Cette année, plus que jamais, j'espère vous en faire un récit particulièrement exhaustif avec toujours autant de critiques de films, d'informations pratiques (toutes les informations pour venir et assister au Festival figurent déjà sur ce blog) et davantage de vidéos à l'image du blog que j'ai réalisé pour le 61ème Festival de Cannes intitulé "In the mood for Cannes" que vous pouvez consulter en cliquant ici , un blog qui a par ailleurs remporté le concours de blogs du Festival de Cannes 2008.
Le 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville aura lieu du 5 au 14 septembre 2008 et sera présidé par Carole Bouquet (voir l'article ci-dessous). Ce sont là toutes les informations dont je dispose pour le moment. Evidemment comme chaque année toutes les informations de la programmation 2008 seront diffusées et commentées sur ce blog, cette année à partir du 10 août. Vous pourrez par ailleurs prendre connaissance du programme du Festival dès le 21 juillet sur le site internet officiel du Festival du Cinéma Américain.
On murmure ici et là que le dernier et 22ème James Bond, de nouveau avec Daniel Craig, intitulé "Quantum of Solace", pourrait y être projeté en avant-première (mondiale?). Sa sortie est normalement prévue le 5 novembre 2008 en France. Ce ne sont là pour le moment que des rumeurs qui, si elles s'avéraient fondées, constitueraient une formidable victoire médiatique pour le festival (mais après tout l'édition 2007 a déjà fait très fort dans ce domaine) et la promesse d'une projection jubilatoire pour les festivaliers. A suivre sur "In the mood for Deauville" donc... En attendant, vous pouvez visionner la vidéo de la bande annonce of ci-dessous!
En attendant vous pouvez toujours vous replonger dans mes comptes-rendus de l'édition 2007 sur ce blog en cliquant ici (vous y trouverez le récit de la plupart des avant-premières, de soirées, de nombreuses photos, les récits et des extraits de vidéos des conférences de presse notamment de celle de Brad Pitt et Casey Affleck pour "L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford", chef d'oeuvre projeté en avant-première l'an passé) ou dans mes comptes-rendus des éditions précédentes sur mon autre blog "In the mood for cinema" sur lequel vous trouverez également toute l'actualité cinématographique de l'année depuis 2004.
Vous pouvez également consuler le site internet officiel du Festival du Cinéma Américain de Deauville.
Vous trouverez également une centaine de liens sur mon blog pour vous informer le mieux possible avant de venir au Festival.
Ce blog possède également un groupe sur Facebook destiné aux "Inconditionnels du Festival du Cinéma Américain de Deauville". Je vous invite à vous y inscrire et vous donne rendez-vous le 10 août sur "In the mood for Deauville" pour tout savoir sur ce 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville.
10:23 Publié dans FESTIVAL DU CINEMA AMERICAIN 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival du cinéma américain de deauville, james bond, daniel craig, quantum of solace
16.06.2008
Carole Bouquet présidera le jury du 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville
Carole Bouquet présidera le jury du 34ème Festival du Cinéma Américain de Deauville et succédera ainsi à André Téchiné.
FILMOGRAPHIE DE CAROLE BOUQUET
Les Français sont des gens formidables (Prochainement), de Olias Barco
A l'insu de mon plein gré (projet) (Prochainement), de Bertrand Blier
Les Enfants de Timpelbach (2008), de Nicolas Bary
Les Hauts murs (2008), de Christian Faure
Si c'était lui... (2007), de Anne-Marie Etienne
Un Ami parfait (2006), de Francis Girod
Aurore (2006), de Nils Tavernier la Reine
L'Enfer (2005), de Danis Tanovic
Travaux (2005), de Brigitte Roüan
Nordeste (2005), de Juan Solanas
Les Fautes d'orthographe (2004), de Jean-Jacques Zilbermann
Feux rouges (2004), de Cédric Kahn
Bienvenue chez les Rozes (2003), de Francis Palluau
Sex & the City (2003) - Saison 6 SÉRIE TV épisode : 20
Embrassez qui vous voudrez (2002), de Michel Blanc
Blanche (2002), de Bernie Bonvoisin
Wasabi (2001), de Gérard Krawczyk
Le Pique-nique de Lulu Kreutz (2000), de Didier Martiny
Un pont entre deux rives (1999), de Gérard Depardieu
En plein coeur (1998), de Pierre Jolivet
Lucie Aubrac (1997), de Claude Berri
Poussieres d'amour (1996), de Werner Schroeter
Grosse fatigue (1994), de Michel Blanc
D'une femme à l'autre (1994), de Charlotte Brandström
Tango (1993), de Patrice Leconte
Contre l'oubli (1991), de Patrice Chéreau
Donne con le gonne (1991), de Francesco Nutti
New York stories (1989), de Martin Scorsese
Trop belle pour toi (1989), de Bertrand Blier
Bunker Palace Hotel (1989), de Enki Bilal
Jenatsch (1987), de Daniel Schmid
Double messieurs (1986), de Jean-François Stévenin
Le Mal d'aimer (1986), de Giorgio Treves
Spécial Police (1985), de Michel Vianey
Nemo (1984), de Arnaud Selignac
Rive droite, rive gauche (1984), de Philippe Labro
Le Bon roi Dagobert (1984), de Dino Risi
Mystère (1983), de Carlo Vanzina
Bingo Bongo (1983), de Pasquale Festa
Rien que pour vos yeux (1981), de John Glen
Le Jour des idiots (1981), de Werner Schroeter
Buffet froid (1979), de Bertrand Blier
Il Cappotto (1979), de Marco Vicario
Blank generation (1979), de Ulli Lommel
Cet obscur objet du désir (1977), de Luis Buñuel
Les précédents présidents du jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville
1995 : André Konchalovsky
1996 : Charlotte Rampling
1997 : Sophie Marceau
1998 : Jean-Paul Rappeneau
1999 : Régis Wargnier
2000 : Neil Jordan
2001 : Jean-Jacques Annaud
2002 : Pierre Lescure
2003 : Roman Polanski
2004 : Claude Lelouch
2005 : Alain Corneau
2006 : Nicole Garcia
2007 : André Téchiné
22:00 Publié dans PRESIDENT(S) DU JURY | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival du cinéma américain de deauville, carole bouquet, andré téchiné
18.03.2008
Bilan du Festival du Film Asiatique de Deauville 2008 (suite et fin) : en attendant septembre et le 34ème Festival du Cinéma Américain…
Je vous l’écrivais dès dimanche soir en direct de Deauville : c’est le film coréen « With a girl of black soil » qui a remporté le grand prix (Lotus d’or) ainsi que le prix de la critique internationale (Lotus Air France). Un film sombre dans sa mise en scène comme dans son sujet, poignant, qui économise les dialogues, un film tout en retenue, réaliste dans sa forme (avec un style quasi documentaire), un film qui reflète la réalité sociale de son pays. Ces caractéristiques se retrouvent ainsi dans la quasi-totalité des films en compétition, de surcroît des premiers films pour 8 d’entre eux. Elles se retrouvent d’ailleurs également dans les deux autres films lauréats : « Wonderful town » et « Flower in the pocket », récompensés du prix du jury ex aequo.
« Flower in the pocket » met ainsi en scène de
ux jeunes frères, en Malaisie, dont le père, anéanti par la mort (ou le départ, rien n’est dit à ce sujet) de son épouse, ne s’occupe plus, bien qu’habitant avec eux. Ils sont livrés à eux-mêmes et la première partie du film se déroule d’ailleurs en l’absence du père nous laissant ignorer son existence. Les rôles sont inversés : les enfants préparent à manger à leur père, adoptent un chiot abandonné, allégorie de leur propre solitude et abandon. Le père et les enfants ne font que se croiser sans échanger un mot (le père parle d’ailleurs très peu, enfermé dans sa douleur et son mutisme). Là encore, comme dans la plupart des films en compétition de cette édition 2008, le cinéaste recourt à une économie de dialogues. Malgré la rudesse de leurs conditions de vie, malgré le sujet pesant, ce film est empreint d’une légèreté paradoxalement profonde, jalonné de scènes attendrissantes entre les deux enfants qui ne semblent d’ailleurs pas souffrir de la situation. La souffrance est surtout celle du père, aveuglé par celle-ci, dévoré par son passé comme lui-même en dévorera la photo qui en est le témoignage. Et puis, en silence, doucement, en réalisant que ses fils ont su faire ce à quoi lui n’est pas parvenu (faire abstraction de leur manque pour s’occuper de « quelqu’un d’autre », en l’occurrence un animal, mais aussi en s’occupant l’un de l’autre), en les découvrant malades, il va enfin devenir présent. Le dernier plan nous les montre ensemble dans un véhicule avançant, allant symboliquement vers l’avant, regardant dans la même direction, et cette fois le père n’est plus enfermé dans sa douleur mais enfermé avec ses enfants, s’ouvrant ainsi à eux et au monde. Ensemble, vraiment, enfin. Un film drôle (les deux enfants sont d'une malice et d'une ingénuité particulièrement touchantes), attendrissant, réaliste. En espérant que ce film sortira en salles, je vous laisse découvrir l’explication du titre qui résume toute sa drôlerie tendre. Un film qui, à l’image de la plupart de ceux de cette compétition 2008, s’inspire à la fois du cinéma britannique (pour son aspect social)et du néoréalisme italien tout en conservant la lenteur propre au cinéma asiatique.
Il est particulièrement frappant de voir que 7 films en compétition sur 11 mettent en scène des enfants livrés à eux-mêmes, ou en tout cas des enfants dont on souligne la grande solitude, voire l’opposition à l’autorité parentale. Des films ancrés dans la réalité, moins langoureux ou poétiques que ce à quoi le cinéma asiatique nous a habitués et quand ils le sont encore (comme dans le très beau « Keeping watch »), l’issue n’en est pas moins fatale et la réalité pas moins âpre. Cette solitude, cet égarement sont peut-être le symbole d’une Asie écartelée entre tradition (paternité) et modernité (apport du monde extérieur), une Asie qui cherche son identité dans la mondialisation, alors aliénante. Espérons vraiment qu’elle ne la perdra pas, que le cinéma asiatique conservera (et je pense surtout au cinéma coréen vers lequel va ma préférence) la poésie savoureuse, la lenteur languissante, la beauté formelle allégorique, les sublimes silences qui le caractérisent et l’enrichissent, tout comme ce festival, cette traversée sombre et éclairante d’un continent encore pour moi mystérieux et non moins fascinant, m’a enrichie. Malgré le temps exécrable qui a raréfié les promenades, le dépaysement et le voyage étaient donc au rendez-vous, et même si l’affluence semblait moins importante que les années passées, la programmation n’en était pas moins de très bonne qualité, prouvant la modernité et l’inventivité du cinéma asiatique.
J’en profite également pour vous recommander deux excellents blogs de passionnées, que j’ai le plaisir de connaître, consacrés à ce Festival du Film Asiatique 2008 : La Plume et l’Image et Cinemaniac à Deauville.
Je vous donne d’ores et déjà rendez-vous sur « In the mood for Deauville » pour le prochain Festival du Cinéma Américain de Deauville qui se déroulera du 5 au 14 septembre 2008 et où je serai bien entendu, comme chaque année, pour vous en faire un compte-rendu aussi exhaustif que possible, à l’image de celui de l’an passé dont vous pouvez retrouvez tous les articles sur ce blog. Tout au long de l’année, jusqu’en septembre, retrouvez également sur ce blog toutes les informations concernant ce 34ème Festival du Cinéma Américain que je ne manquerai pas de vous livrer. En attendant, je vous invite à faire part de vos attentes et vos questions concernant ce Festival du Cinéma Américain de Deauville 2008, dans les commentaires ci-dessous.
Pour suivre le reste de l’actualité cinématographique, je vous donne rendez-vous sur mon blog « In the mood for cinema », et sur « In the mood for Cannes », pour toute l’actualité du Festival de Cannes 2008.
Sandra.M16.03.2008
Palmarès du 10ème Festival du Film Asiatique de Deauville : "With a girl of black soil", grand vainqueur
Jan Kounen, président du jury Action Asia et Patrice Chéreau, président du jury 2008 viennent d'annoncer le palmarès du 10 ème Festival du Film Asiatique de Deauville que je vous livre en attendant d'y revenir à mon retour de Deauville.
Après avoir souligné, par la voix du président du festival, Lionel Chouchan, qu'à Deauville on a voté (pour le palmarès) avant que les bureaux de vote ne soient fermés, en ce jour de second tour des Municipales, Jan Kounen est monté sur scène d'abord en espérant que le cinéma et , sans doute pas seulement, "soit en mesure de nous amener jusqu'au Tibet dans les années à venir", alors que le Tibet est au centre de l'actualité et alors que des Tibétains manifestaient (euh...3, pour être exacte) devant le CID. Jan Kounen a souligné que le prix Action Asia a été remis à l'unanimité du jury.
PRIX ACTION ASIA 2008
HEROS DE GUERRE DE FENG XIAOGANG (film chinois)
PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE AIR FRANCE
WITH A GIRL OF BLACK SOIL DE JEON SOO-IL (film coréen)
En recevant son prix de la critique internationale, accompagné de sa jeune et talentueuse interprète de 10 ans Yu Yun-Mi, le réalisateur Jeon Soo-il a déclaré être "honoré que le film ait été vu par Patrice Chéreau" à qui il "porte beaucoup d'estime". Il a aussi précisé qu'il tenait "à partager ce prix avec la petite fille avec laquelle il a fait 12 heures de trajet de Séoul pour venir présenter le film."
Est ensuite arrivé le tour de Patrice Chéreau à qui revenait la mission de déclarer le prix du jury, après avoir remercié les membres de son jury et avoir rappelé leur plaisir commun d'avoir effectué cette "plongée magnifique dans la cinématographique d'un continent" grâce à laquelle ils ont "repris confiance dans le cinéma", soulignant enfin qu'il avait une "pensée très forte pour le Tibet". C'est finalement un prix du jury ex-aequo qu'a annoncé Patrice Chéreau.
PRIX DU JURY EX AEQUO
FLOWER IN THE POCKET DE LIEW SENG TAT (film malaisien),
sur lequel je reviendrai, un film attendrissant vu cet après-midi.
WONDERFUL TOWN D'ADITYA ASSARAT (film thaï)
GRAND PRIX
WITH A GIRL OF BLACK SOIL DE JOO-IL (film coréen)
Je reviendrai demain sur le palmarès, plus en détails, et sur les thèmes communs des films primés. Signalons que le film de clôture initialement prévu "Love now" n'a pu être projeté et qu'il a été remplacé par le lauréat de la section Action Asia "Héros de guerre".
Sandra.M
20:09 Publié dans PALMARES FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE 2 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, festival du film asiatique, deauville, tibet, jeon soo-il, with a girl of black soil, patrice chéreau
Premier bilan de la compétition officielle du 10ème Festival du Film Asiatique de Deauville
Faute de temps pour détailler chaque film, un petit bilan des films de la compétition vus jusqu’à présent sachant que deux films seront encore projetés aujourd’hui.
La journée d’hier a débuté par un vrai choc visuel avec « Exodus » du Chinois Pang Ho-Chang. Si un seul mot devait résumer ce film, ce serait originalité, d’abord par son sujet : un policier découvre que certaines femmes, réunies en organisation secrète, complotent pour exterminer les hommes. En préambule, le réalisateur a expliqué que cette idée lui était venue en constatant que les femmes passaient beaucoup plus de temps que les hommes dans les toilettes, il a ainsi imaginé qu’elle passait ce temps à comploter contre les hommes. En réalité, la principale originalité provient surtout de la mise en scène. En guise de pré-générique, nous voyons ainsi un homme qui se fait tabasser par des hommes grenouille à côté d’un portrait qui ressemble à celui de la reine d’Angleterre. La scène est filmée en travelling arrière avec une musique, forte et expressive. L’aspect baroque et stylisé de cette scène m’a fait penser à Kubrick. Certains trouveront la comparaison hasardeuse, voire présomptueuse, mais j’ai réellement été fascinée par la mise en scène de ce jeune réalisateur dont « Exodus » est le sixième film. Ne vous fiez ni à l’aspect apparemment loufoque du pré-générique (qui trouvera d’ailleurs ensuite son explication, tout à fait rationnelle !), ni à celui du sujet, Pang Ho-Chang les maîtrise parfaitement, les traitant à la fois avec sérieux (si bien que nous croyons réellement à cette organisation secrète), et une pointe d’humour qui ne décrédibilisent en rien le sujet mais nous immergent au contraire encore plus dans cet univers finalement si familier. Chaque plan est d’une beauté renversante (souvent des plans fixes suivis de travellings arrière) et ils ne pourront vous laisser indifférents. Le réalisateur a aussi précisé que son film avait été censuré en Chine, avec pour raison officielle que les autorités redoutaient que les étrangers voyant ce film pensent que de telles organisations secrètes existent vraiment dans son pays( !). Evidemment, on peut aussi y voir un appel à la résistance : à résister au régime de l’intérieur plutôt que de le fuir, ces propos à double sens figurant d’ailleurs presque mot pour mot dans le film. Au regard de l’actualité très récente qui témoigne, de façon flagrante, de la dureté et de l’opacité du régime chinois, il ne serait pas étonnant que le jury décide de récompenser ce film qui, en plus d’être visuellement sublime et hypnotisant est en phase avec une dramatique actualité… Deauville, à l’exemple de Cannes, se positionnera-t-elle en écho, voire en résistante politique ? A suivre ce soir avec le palmarès.
Passons sur l’autre film chinois de cette journée « Fujian blue » du Chinois Robin Weng, un premier film qui montre également un aspect assez proche de la Chine de celui décrit par le film précédent : la volonté d’émigrer des Chinois, et de fuir (à nouveau). La comparaison s’arrête là tant la réalisation est bâclée, le scénario confus donnant à l’ensemble une impression particulièrement ennuyeuse et interminable. Le réalisateur, avec néanmoins beaucoup d’humour s’est demandé ce qu’il devrait faire pour pouvoir habiter à Deauville en soulignant qu’il avait déjà été « pris » par le capitalisme, logeant dans un 5 étoiles…
Passons également sur le film thaï « Ploy » de Pen-ek Ratanaruang dont la réalisation est certes là aussi très soignée, nous plongeant dans l’atmosphère grisâtre d’un hôtel de Bangkok pour disséquer les difficultés de communication dans un couple vues à travers le regard d’une jeune femme « Ploy » qui mélange rêve et réalité. Malgré ses aspirations à l’universalité, Pen-ek Ratanaruang ne parvient pas vraiment à nous faire sortir du cadre étriqué de cet hôtel.
Au contraire, ce sont de grands espaces que filme le Chinois Cai Shanjun dans « The red awn » dans lequel un père, de retour après 5 ans d’absence, doit faire face au mutisme de son fils. Le cadrage (essentiellement des plans larges dans lesquels les personnages semblent égarés) est là aussi exemplaire. Malgré la lenteur, le peu d’actions, la tension est palpable entre ces deux êtres qui ne savent plus communiquer que par le silence et la violence.
Un film qui pourrait également figurer au palmarès de même que le film « With a girl of black soil » du Coréen Jeon Soo-Il qui présente d’ailleurs plusieurs points communs avec le précèdent. Il s’agit ici d’un père avec ses deux enfants (dont l’un des deux est handicapé mental et dont s’occupe sa petite sœur) dans une ville minière en voie de destruction. Le père perd son travail et va peu à peu commencer la descente aux enfers. Des chants du début entre le père et sa fille ne restent bientôt plus qu’un silence pesant et le râle que son ivresse lui permet seulement d’émettre. Là aussi le décor agit comme un écho au fond : celui de cette terre noire et blanche. Le noir du charbon. La blancheur de la neige qui recouvre à peine la noirceur. Métaphore de cet univers entre noir et blanc, pureté et noirceur que symbolise la jeune actrice principale (fascinante). Là aussi les plans fixes foisonnent et nous désignent une réalité inexorable et étouffante. Jeon Soo-Il nous fait glisser (au propre comme au figuré) de la blancheur vers la noirceur insoluble, dépeignant une réalité sociale sans espoir. Vous n’êtes pas prêts d’oublier cette petite fille au pull rouge (le rouge qui rappelle d’ailleurs celui de la moissonneuse dans le film précédemment évoqué), petite lueur de vie perdue dans cet univers trop grand, trop sombre, trop adulte pour elle. La fin est si belle et si cruelle, à l’image du reste du film, qu’il est impossible que ce film ne figure pas au palmarès.
Difficile aussi pourtant de rester insensible à « Wonderful town » du Thaï Aditya Assarat, de nouveau un premier film dont l’(in)action se situe dans une petite ville du Sud de la Thaïlande touchée par le Tsunami. Un architecte logé en ville pour travailler à la reconstruction tombe amoureux de la jeune femme qui tient l’hôtel dans lequel il loge. Quand j’écris « inaction », ce n’est pas dans un sens péjoratif car, au contraire, ce sont cette inaction, cette douleur lancinante qui constituent toute la richesse de ce film. Le Tsunami est finalement très peu évoqué (le mot est cité une seule fois, je crois), et en apparence cette ville terne, grise, moribonde pourrait être n’importe quelle ville en voie de désertification. Bien sûr, il y a les ruines, l’eau qui revient dans de longs plans comme une menace constante, il y a les regards obliques, le désœuvrement des habitants. Il y a cette sensation de piège que ressent la jeune femme, entre la mer et la montagne, apparemment infranchissables. (A la fin elle se retrouve d’ailleurs symboliquement derrière un grillage). Toute la force réside dans le hors-champ, les non dits, les silences là où il aurait été si facile d’être explicitement maladroit. La vie même du jeune architecte reproduit d’ailleurs le drame du Tsunami. C’est l’eau qui va l’engloutir, qui va engloutir la vie, insupportable, qu’il symbolise alors que lui aussi, visiblement, vivait l’horreur, en silence. Le titre est alors d’une sinistre, tragique, cynique ironie. Celle du désespoir. Celle de la douleur insondable et indicible. Qui a tout détruit : même l’humanité de ses habitants. Détruits.
Vous l’aurez compris : la sélection de ce 10ème Festival du Film Asiatique de Deauville , d’une grande qualité, est le reflet d’une réalité sombre, que ce soit de manière réaliste ou métaphorique, une réalité que l’on souhaite fuir (en émigrant, en disparaissant, en rêvant, en l’étouffant dans les deux sens du terme) ou transformer, d’ailleurs en vain. Un monde qui n’a de « wonderful » et « beautiful » que le nom, un monde dont la noirceur étouffe la moindre lueur de vie, un monde qui ne sait plus communiquer sa douleur, un monde qui souffre en silence.
Mes favoris (en soulignant de nouveau que je n’ai pour l’instant vu que 9 films sur 11) : « Keeping watch » (pour sa poésie, son romantisme sombre ), « Exodus » (pour sa réalisation d’une maîtrise époustouflante), « With a girl of black soil » (pour son interprétation, la réalité sociale qu’il dépeint, sa force tragique), « The red awn » (pour sa beauté formelle), « Wonderful town » (pour son hors-champ, ses non dits, la pudeur subtile de la réalisation, la force du sujet). Espérons que le grand prix et le prix du jury se verront attribuer à deux d’entre eux…
Retrouvez le palmarès du 10ème Festival du Film Asiatique de Deauville, dès ce soir, sur « In the mood for Deauville ».
Sandra.M






























